Créateurs de différence #33 : Ellen Boriau

Comme vous le savez probablement, Lumiworld met chaque mois à l’honneur un créateur de différence, petit ou grand. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous présenter une famille dont l’engagement n’a d’égal que l’enthousiasme qui l’anime. Si Ellen et Ralph affichent un profond respect de la nature dans leur vie de tous les jours, ils adoptent également un comportement écoresponsable sur le plan professionnel. Ellen et sa famille sont l’illustration parfaite du proverbe « Les petits ruisseaux font les grandes rivières. »

Commençons par le commencement : dites-nous en plus sur vous et votre famille.

« Nous sommes une famille recomposée avec cinq enfants. Ralph et moi avons chacun deux enfants d’une précédente relation et, dix ans plus tard, nous sommes devenus les heureux parents d’un petit Tristan. Et toutes les deux semaines, nous jouons le rôle de « parents d’accueil » pour un enfant placé en institution. Professionnellement, nous exploitons à Gistel, en Flandre occidentale, le restaurant Paviljoentje. »

Ellen Boriau Luminus

Cinq, voire six enfants, cela met forcément de l’ambiance. Nous supposons qu’avec autant de monde à la maison, vous avez fréquemment recours à la récupération et au réemploi.  

« Cela va sans dire. Chacun possède bien entendu son vélo, son cartable et ses propres vêtements. Cependant, de nombreuses affaires sont transmises d’un enfant à l’autre. C’est ainsi que Tristan, le cadet, porte les pulls de son grand frère et a hérité du cartable dont ce dernier se servait il y a dix ans de cela. Même le vélo utilisé à l’époque continue à rendre d’excellents services. Quant aux jeux de société de mon enfance, ils ressortent régulièrement de l’armoire. Hotel est usé jusqu’à la corde », confesse Ellen en riant. « Et Tristan apprend la flûte à bec sur un instrument qui m’appartenait autrefois. Ralph et moi préférons dépenser un peu plus pour des affaires de qualité, plutôt que d’acheter des articles bon marché tout juste bons à être jetés après une année. Cela nous évite d’accumuler les objets inutiles. »

S’agit-il d’un choix délibéré ?

« Absolument. Durant ma scolarité, j’ai suivi les cours d’une école Steiner, où la nature était omniprésente. En fait, rien de plus logique. La terre nous apporte tellement de bienfaits : des écrins de sérénité, de délicieux fruits et légumes, de l’oxygène, etc. Quoi de plus normal que de remercier la nature et de lui rendre un peu de ce qu’elle nous donne ? Par exemple en évitant de jeter des papiers par terre ou en triant ses déchets. »  

Ellen Boriau verschilmakers Luminus

Décrivez-nous vos initiatives écoresponsables

« Nous avons renoncé à consommer de l’eau en bouteille au profit de l’eau du robinet. Grâce à un filtre spécial, nous pouvons même obtenir de l’eau pétillante bien fraîche. Depuis, les bouteilles en plastique n’ont pratiquement plus droit de cité chez nous. Pour nous rendre chez le boulanger, nous empruntons la plupart du temps notre vélo électrique et nous nous munissons d’un sac réutilisable. Nous évitons autant que possible les grandes surfaces. Le jardin de mes beaux-parents regorge de potirons, de courgettes, de concombres et autres. Comme ils ne sont que deux, ils nous font cadeau de l’excédent. Pour tondre le gazon, nous utilisons un robot qui effectue plus ou moins un passage par jour. Grâce à ce système, nous n’avons plus besoin de ramasser l’herbe coupée et, par conséquent, nous accumulons beaucoup moins de déchets verts. Et n’oublions pas les poules des beaux-parents, lesquelles héritent de tous les restes alimentaires. Vous n’avez pas idée de ce que ces gallinacées sont capables d’ingurgiter. Quoi qu’il en soit, la différence se fait nettement sentir au niveau des déchets. »

Avez-vous le même comportement éco-citoyen dans votre activité professionnelle ?

« Cela va sans dire. Notre carte propose du vin labellisé fairtrade et nous achetons notre lait chez Oxfam. Dans le restaurant, nous avons également mis en place un robinet permettant de produire aussi bien de l’eau plate que de l’eau gazeuse. Sur conseil des beaux-parents, qui avaient pu observer un tel dispositif il y a une quinzaine d’années dans les sanitaires d’un camping en Allemagne, nous avons opté, dans les toilettes, pour un urinoir sans eau. Il suffit de remplacer le filtre et le tour est joué. Ce système est probablement plus hygiénique qu’un urinoir traditionnel pourvu d’une chasse d’eau. Pour se laver les mains, les clients ont accès à un système muni d’un capteur qui détecte les mains lorsqu’elles s’approchent du robinet et active celui-ci automatiquement. »

À la maison et au restaurant, avez-vous recours à de l’énergie durable ?

« Absolument. Le toit du restaurant est équipé de panneaux solaires. Il n’en est malheureusement pas de même à notre domicile, mais c’est prévu. Par contre, les pièces sont dotées de détecteurs de mouvement grâce auxquels la lumière s’allume automatiquement lorsqu’une présence est détectée et s’éteint lorsque la personne quitte la pièce. Les appareils que nous utilisons à la maison et au restaurant arborent tous le label énergie A+++. Il s’agit d’un investissement important mais qui est compensé par la diminution des coûts énergétiques. Qui plus est, c’est bon pour l’environnement. Une situation gagnant-gagnant ! »

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Privilégiez-vous également les commerces locaux ?

« En tant que membre du conseil d’administration d’Unizo Gistel, je ne peux qu’approuver les initiatives visant à consommer local. En me rendant chez les commerçants de Gistel, j’espère inciter mes concitoyens à en faire autant. En ce qui nous concerne, nous ne privilégions pas un commerçant plutôt qu’un autre. La ville compte deux fleuristes : une année, nous achetons notre sapin de Noël chez l’un et nous inversons l’année suivante. Il en va de même pour les artisans, les boulangers, les bouchers, les agriculteurs, etc. Juste est juste. #j’achète belge ! »

Vous êtes une « super maman ». Comment parvenez-vous à impliquer vos cinq enfants dans votre mode de vie durable ?

« En tant que parent, vous êtes censé donner le bon exemple. Si vous jetez un papier par terre, les enfants feront de même. En revanche, si vous adoptez les bons gestes, ils vous imiteront. En grandissant, ils prendront conscience de la nécessité d’éviter le gaspillage et la surconsommation. Lorsqu’elle ne trouve rien qui lui sied dans sa garde-robe, ma fille de dix-huit ans vient se servir dans la mienne. Et inversement (rires). D’autant plus que nous avons la même taille. Le plus jeune fabrique des objets originaux à partir de rouleaux de papier toilette. Actuellement, l’escalier fait office de circuit à billes. »

Ce sont donc bien les petits ruisseaux qui font les grandes rivières ?

« J’en suis absolument convaincue. Nous ne sommes pas des écologistes purs et durs : nous ne sommes pas végétariens et ne vivons pas coupés du monde. Cependant, le cumul de toutes les petites initiatives que j’ai mentionnées finit par produire de grands effets qui font la différence. »

Pour conclure sur une note optimiste : quel est votre conseil ultime en matière d’économie et de durabilité ? 

« Je pense que les gens doivent renoncer à jeter systématiquement les objets dont ils n’ont plus l’utilité. Un jeans usagé, un jeu qui ne correspond plus à l’âge de vos enfants, un ordinateur portable obsolète… peuvent probablement faire le bonheur de quelqu’un d’autre. Permettez toujours à vos affaires d’avoir une seconde vie ! »

Êtes-vous ou connaissez-vous un vrai créateur de différence?

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