Créateurs de différence #25 : Urban Harvest

Cultiver du basilic, du persil et de la coriandre dans un ancien marché de viande sur le site de l’abattoir d’Anderlecht ? Ça peut paraître bizarre, mais Alexandre et Olivier l’ont fait. Les deux hommes sont à l’origine de la ferme verticale durable Urban Harvest. Chez Luminus, leur approche durable éveille notre curiosité et nous sommes admiratifs de leur façon de jouer la carte de l’écologie dans de nombreux domaines. Un créateur de différence parfait donc !

En quoi Urban Harvest consiste-t-elle et comment a-t-elle vu le jour ? 

Alexandre : « En fait, tout a commencé en 2014 lorsque j’ai rencontré Olivier à l’école de commerce Vlerick. Nous étions entièrement d’accord sur un point : si l’un d’entre nous avait un jour l’idée de mettre sur pied un projet durable avec un impact positif pour la planète, il téléphonerait à l’autre. Trois ans plus tard, après qu’Olivier et moi avons gagné nos galons dans des multinationales, je suis parvenu à le persuader de lancer une ferme verticale au cœur de Bruxelles. C’est comme ça qu’Urban Harvest a vu le jour. »

Verschilmakers Urban Harvest

Une ferme verticale ? À quoi cela peut-il bien ressembler ? 

Alexandre : « Vous pouvez facilement la comparer à une chambre climatique qui bénéficie de conditions idéales pour cultiver des plantes aromatiques. Par exemple, la température, la luminosité et le CO2 y sont adaptés. Contrairement aux agriculteurs traditionnels qui cultivent une grande surface, nous avons construit plusieurs étages de culture afin de multiplier la productivité par mètre carré. Cette disposition nous permet de cultiver toute l’année, sans devoir utiliser de pesticides et surtout, de manière locale et durable. »

Urban Harvest Luminus Verschilmakers

Ce type de ferme verticale ne date pas d’aujourd’hui. Pourtant, vous vous démarquez des autres. Comment ?

Alexandre : « En effet, les fermes verticales ont poussé comme des champignons à travers le monde entier. Des plantes cultivées sous lampe, ça n’a rien d’innovant. Et pourtant, nous apportons une petite différence par rapport aux autres. Comment ? Nous avons tout d’abord étudié la demande du consommateur. Un produit bon, goûteux, durable, local et abordable. Et notre système s’articule autour de ça. Nous sommes donc parvenus à concevoir une ferme verticale beaucoup moins coûteuse que les fermes verticales actuelles. Désormais, le consommateur bénéficie toujours d’une alternative locale et durable pour les produits qui sont sinon importés de pays lointains. »

Que cultivez-vous dans l’ancien marché de viande d’Anderlecht ? 

Alexandre : « Toutes les plantes aromatiques possibles et imaginables. Du basilic au persil en passant par la coriandre et le thym. Mais nous fournissons aussi des plantes à l’industrie de la salade. Pas de semences, mais des plants très jeunes. »

Urban Harvest

Le citoyen lambda peut-il aussi venir chercher des herbes et des légumes frais ? 

Alexandre : « Malheureusement, non. Urban Harvest se concentre uniquement sur le B2B, mais ça ne veut évidemment pas dire qu’il est impossible de mitonner un bon petit plat avec nos plantes aromatiques. À l’heure actuelle, nous avons un beau fichier client composé de restaurants et de supermarchés locaux qui achètent des plantes aromatiques qu’ils utilisent dans leur entreprise. Nous avons même un contrat avec Delhaize ! Quiconque veut goûter nos plantes aromatiques ne doit donc pas aller bien loin (rire). Elles sont d’ailleurs très facilement reconnaissables. Étant donné que nous souhaitons éviter toute utilisation du plastique, elles ne sont pas conditionnées dans un pot ou un sachet en plastique comme les plantes aromatiques classiques. Nous utilisons un filet en amidon de maïs et du papier recyclable. »

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Vous consommez beaucoup moins d’eau que l’agriculture traditionnelle, comment faites-vous ? 

Alexandre : « En utilisant un maximum d’eau de pluie. Elle est récoltée sur le toit et conservée dans des fûts énormes. Pourtant, un cultivateur classique fait exactement la même chose. Alors en quoi sommes-nous différents ? Nos plantes reçoivent un peu moins d’eau que dans une ferme traditionnelle. Nos champs ne doivent pas non plus être irrigués, la majeure partie de l’eau s’infiltrant dans le sol. Si une plante de notre ferme reçoit trop d’eau, nous la collectons pour une utilisation ultérieure. De plus, les plantes présentent une assez grande surface foliaire, le long de laquelle l’eau s’évapore. Nous collectons également cette eau à travers le système de ventilation, afin de nous assurer qu’elle n’est pas gaspillée. »

Mais vous utilisez des applications encore plus durables. Racontez-nous.

Alexandre : « Nous utilisons systématiquement un éclairage LED et nous ne laissons pas les lampes allumées toute la journée. Les plantes ont aussi besoin de calme, nous les plongeons donc dans le noir quelques heures par jour. C’est le même principe que pour les humains. La journée, quand il fait clair, elles sont actives et se développent et la nuit, elles dorment afin de récupérer pour le lendemain. De plus, le toit est entièrement recouvert de panneaux solaires, nous permettant d’utiliser principalement de l’énergie renouvelable. Il va de soi que le soleil ne brille pas en permanence, mais le reste de l’énergie que nous utilisons est aussi renouvelable. Seulement, elle ne provient pas directement de chez nous. »

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Quel est votre rêve pour Urban Harvest ?

Alexandre : « D’une part, nous souhaitons nous agrandir encore pour pouvoir cultiver davantage. D’autre part, nous aimerions à l’avenir aider les cultivateurs débutants et établis à travailler le plus durablement possible. Nous pourrions proposer notre système à la vente, à la location, voire en leasing. Ce qui serait génial, ce serait de voir des cultivateurs du monde entier cultiver selon notre méthode. »

Gérez-vous aussi votre consommation d’eau et d’énergie de manière responsable à la maison ?

Alexandre : « Absolument ! Nous avons installé des panneaux solaires sur notre toit, nous éteignons toujours la lumière lorsque nous quittons une pièce et nous avons des compteurs intelligents pour pouvoir chauffer de manière très sélective. À l’avenir, nous espérons pouvoir filtrer l’eau de pluie pour faire la lessive. »

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Quel est votre conseil d’économie personnel pour nos lecteurs ?  

Alexandre : « Ce sont les petits gestes qui comptent. Ne pas laisser la lumière allumée partout, ne pas régler le chauffage trop fort et ne pas le laisser tourner dans des pièces où vous passez peu de temps. Les classiques (rire). Je suis un fervent partisan des panneaux solaires. Si vous pouvez jouer cette carte, n’hésitez pas une seconde. Souvent, ils sont remboursés en trois ans et ils sont entièrement amortis en quatre ans. Si vous possédez une bonne toiture, le jeu en vaut largement la chandelle. »

Êtes-vous ou connaissez-vous un vrai créateur de différence?

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