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Créateurs de différence #5 : KrisKras, un tour-opérateur pas comme les autres

KrisKras organise des voyages en groupe durables pour (jeunes) adultes de 18 à 30 ans. L’objectif de ce tour-opérateur pas comme les autres est d’apprendre aux jeunes le respect des populations autochtones et de la nature, ainsi que de leur faire découvrir d’autres cultures. Veerle Devillé, la responsable durabilité chez KrisKras, détaille pour nous la philosophie de l’organisation.

Quelle est la mission de KrisKras ?

« Fondé il y a 24 ans, KrisKras trouve ses racines dans l’organisation de jeunesse rurale « Belgische Jeugd Karavaan » (BJK). Notre objectif principal est d’apprendre aux jeunes à voyager de manière durable. Notre ambition est de les convaincre qu’il est possible de vivre une expérience unique sans recourir au tourisme de masse, en respectant les populations autochtones, la nature et la culture. Il s’agit avant tout de permettre à nos voyageurs de vivre une aventure inédite, en dehors de toute contrainte, et de faire en sorte que cette expérience influence ultérieurement leur conception du « vivre ensemble » ».

Pourquoi est-il si important de voyager durablement aujourd’hui ?

« Nous pensons qu’un voyage constitue une expérience positive non seulement pour le voyageur, mais également pour le pays visité. Une personne sur onze dans le monde travaille directement ou indirectement dans le secteur du tourisme. Il s’agit donc d’une industrie parmi les plus importantes et nous sommes persuadés qu’il est parfaitement possible de modifier notre manière de voyager. Les médias nous abreuvent d’informations négatives en matière de tourisme. Quoi qu’il en soit, le secteur n’est en rien menacé de disparition. Mais, si vous décidez de partir en vacances, veillez à voyager de manière durable.»

Duurzaamheid kriskras

Comment cette durabilité se manifeste-t-elle en pratique ?

« Nous voyageons par petits groupes de maximum neuf participants, plus un accompagnateur. C’est notre façon de nous démarquer des autres voyagistes. Nous choisissons délibérément des destinations facilement joignables en minibus. Certes, notre offre comprend des destinations uniquement accessibles par avion. Afin de compenser les émissions de CO2, nous versons un certain montant pour l’accompagnateur à Bos+, une organisation qui lutte pour la préservation des forêts partout dans le monde. Afin d’aider et de favoriser les populations autochtones, nous préférons les petites pensions locales aux infrastructures hôtelières connues.»

Tourisme et durabilité sont-ils compatibles ? Ne sont-ce pas précisément les touristes qui dénaturent les sites qu’ils visitent ?

« Certaines destinations, telles que Venise ou Barcelone, sont submergées par le tourisme de masse. La plupart du temps, ce sont les touristes d’un jour qui posent problème. Ils dépensent très peu sur place, alors que les populations locales ont un besoin pressant d’argent. C’est pourquoi, dans ce type de destinations, nous privilégions un programme alternatif. Au Pérou, par exemple, la célèbre randonnée de l’Inca Trail reliant Cusco au Machu Picchu étant littéralement massacrée par le tourisme de masse, nous préconisons un trek moins connu.»

Comment parvenez-vous à séduire les jeunes ?

« La plupart des jeunes ne viennent pas spontanément chez nous en se disant : « Je veux voyager durablement, donc je choisis KrisKras ». Ils nous découvrent via nos annonces en ligne ou par le bouche-à-oreille. De nombreux participants réitèrent l’expérience parce qu’ils apprécient notre manière d’aborder le tourisme.»

De nombreux jeunes aiment voyager mais ne choisissent pas encore leur destination sur base du critère de durabilité. Quel est l’impact d’un tel voyage sur les participants ?

« Ce qu’ils retiennent avant tout, c’est le caractère convivial et l’esprit de groupe. Ils débarquent dans un groupe inconnu, font de nouvelles rencontres et découvrent d’autres points de vue. Et découvrir un pays ou une région inconnu(e) ouvre de nouveaux horizons et a un impact incontestable.»

Sur quels critères vous basez-vous pour choisir vos destinations ?

« Depuis le début, nous raisonnons en termes de distance. Nous avons partagé la planète en quatre cercles concentriques en fonction des émissions de CO2. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et une partie de l’Argentine, par exemple, font partie du cercle extérieur, ce qui signifie que l’empreinte carbone pour s’y rendre est énorme. Par conséquent, nous évitons ces contrées lointaines. Nous cherchons cependant à atteindre un équilibre entre destinations européennes et pays un peu plus éloignés. Nous limitons toutefois autant que possible les voyages en avion. Et nous privilégions les destinations qui ne sont pas (encore) polluées par le tourisme. Cette année, nous nous rendons notamment en Albanie, où nous avons concocté un joli programme en collaboration avec une agence de voyages locale.»

Qui garantit le caractère durable de vos voyages ?

« Il s’agit de l’accompagnateur(trice), qui fait figure d’exemple. Il lui incombe de faire des choix spécifiques, sans pour autant se comporter en donneur de leçons. Lors d’un voyage en Afrique, il régnait une énorme pénurie d’eau. L’accompagnateur éluda le problème de manière ludique : celui ou celle qui se douchait le plus rapidement était déclaré vainqueur.  Quoi qu’il en soit, les accompagnateurs(trices) sont les tenants de notre philosophie. Ainsi, jamais nous n’organiserons de balades à dos d’éléphant, ni de visites de groupes ethniques tels que les femmes girafes en Thaïlande car nous considérons cela comme de la pure exploitation.»

Kriskras voyages

Comment les participants apportent-ils leur pierre à l’édifice ?

« En adaptant leur comportement au cours du voyage. De simples petits gestes suffisent : prendre la peine d’apprendre les rudiments de la langue locale, éviter de jeter des déchets sur le sol… Le rôle de l’accompagnateur(trice) est d’encourager ce type de comportement.»

Comment envisagez-vous l’avenir ?

« Naguère, notre principale mission était d’apprendre au jeune à voyager de manière durable. Or, nous remarquons un intérêt croissant pour l’impact de nos voyages. Depuis quelques années, nous sommes confrontés à des flux migratoires de plus en plus importants. Nous espérons que nos voyages constituent un enrichissement et qu’ils encouragent les participants à côtoyer d’autres cultures une fois rentrés chez eux. D’autre part, nous ne souhaitons pas connaître une croissance trop rapide. Il nous importe de garder notre authenticité et notre capacité à innover. Cette année, nous lançons un programme destiné à venir en aide à des jeunes défavorisés.»

En conclusion : quel est votre conseil ultime en matière de durabilité ?

« Prenez conscience que les petits ruisseaux font de grandes rivières. Utilisez une gourde, veillez à ne pas générer de déchets. Dépensez votre argent à bon escient. Privilégiez les restaurants et les hôtels locaux. Évitez les grandes chaînes internationales. Et choisissez le bon moyen de transport : pour l’environnement, la voiture ou le train est préférable à l’avion.»

Kriskras environnement

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