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Créateurs de différence #3 : L’Institut Saint-Louis à Waremme

En 2016, l’école Saint-Louis de Waremme a lancé un projet innovant de distributeur automatisé de jus de fruits. Avec des produits locaux et de saison, l’établissement propose une alternative durable et saine aux boissons sucrées. Mieux encore, le projet est conçu et réalisé par les élèves, au sein même de l’institut. François Pirlet, professeur de dessin technique, travaux pratiques et automation, a accepté de répondre à nos questions.

Qu’est ce qui a marqué, dans votre école, le début de l’intérêt pour les questions environnementales ?

Saint-Louis est une école de campagne. Nos étudiants sont originaires de Waremme et des villages avoisinants, avec des enfants d’agriculteurs, par exemple. Nous proposons une section horticole, il y a eu une section agriculture, une section environnement, pour la formation des techniciens en environnement. Il n’y a pas vraiment eu d’élément déclencheur. Depuis toujours, on essaie de développer chez les jeunes le respect de cet environnement rural.

Quelles ont été vos premières motivations pour lancer l’initiative d’un distributeur automatisé de jus de fruits ?

Nous souhaitions diminuer la consommation de sodas au sein de l’établissement. Et nous avons réalisé que nous étions entourés d’arbres fruitiers. Il y a même un verger au sein de l’école. Nous avons donc créé ce prototype d’extracteur de jus, concoctés directement avec les fruits autour de nous. Nous sommes fiers de pouvoir mettre à l’honneur des produits locaux, sur un circuit court.

distributeur de jus de fruits

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

C’est un projet de classe, réalisé par les 7èmes années de spécialisation de techniciens en automatisation. La gestion du projet technique de ce prototype fut assez longue, mais les élèves sont motivés et ils se persuadent souvent que tout va se dérouler sans problème  et de fait l’implantation s’est bien déroulée. C’est un projet ludique : le fonctionnement de la machine permet de voir la réalisation du jus de fruit en temps réel.

La cerise sur le gâteau : vous avez été récompensé pour ce projet en remportant une Smartflower. Quel est son impact ?

Il y a bien sûr une baisse de la consommation d’énergie mais l’impact le plus important de la Smartflower, c’est d’alimenter les conversations. Installée à l’entrée de l’école, elle en est un peu devenue l’emblème. Elle permet d’initier le dialogue sur l’électricité verte et de parler de l’environnement. Le débat est lancé à chaque fois que nous mentionnons la Smartflower. C’est très positif.

Antoine, élève en 6ème Qualification Électricien Automaticien:
Je pense que l’arrivée de la smartflower est une bonne chose pour l’école et pour l’environnement. Son installation nous permet de montrer l’exemple. C’est notre avenir qui s’affiche. Quand Monsieur Pirlet nous a expliqué son principe, j’ai été séduit !

Luminus smartflower waremme

Quelles sont les autres solutions que vous avez mises en place en faveur de l’environnement ?

Comme dans toutes les écoles, il y a un gros effort consenti au niveau du tri des déchets et de la consommation d’énergie. Une réflexion est menée quant au choix des produits d’entretien, qui sont les plus écologiques possibles. Enfin, les sodas ont disparu de l’établissement. Et si les élèves ne boivent pas uniquement des jus de fruits frais, nous proposons des eaux aromatisées. Un geste pour la planète mais aussi pour la santé des jeunes.

Comment les élèves ont-ils réagi à ces changements ?

Les étudiants ont été directement preneurs mais évidemment, ils aimeraient qu’on leur apporte une solution toute faite. Nous souhaitions aller au-delà et stimuler leur curiosité pour qu’ils cherchent d’eux-mêmes des solutions saines et écologiques à leur consommation. De plus, je constate que la nouvelle génération est de plus en plus sensible à l’alimentation. Nous avons des élèves végétariens, par exemple, ce qui montre une vraie réflexion et une réelle implication.

Et les parents ?

Globalement, les parents sont évidemment contents de voir que l’école se soucie de la santé et du bien-être de leurs enfants. Même si dans certaines familles, ce n’était pas une préoccupation majeure ou prioritaire.

Quelle est, selon vous, la responsabilité d’une école dans la sensibilisation des élèves à l’environnement ?

L’école joue évidemment un rôle essentiel pour montrer aux enfants les alternatives, pour montrer qu’il est possible d’améliorer son quotidien. Plus les étudiants sont sensibilisés jeunes, plus ils adoptent des habitudes respectueuses sans ressentir de contrainte. Et  un des rôles fondamentaux de l’école, c’est aussi d’initier le débat sur l’environnement durable.

Pierre, élève en 6ème Qualification Électricien Automaticien:
On ne peut pas rater la smartflower à l’entrée de l’école. Le jour de son installation, j’ai d’abord été intrigué, car elle était encore repliée sur elle-même. Ensuite, j’ai compris son fonctionnement : un ensemble de panneaux solaires qui s’orientent par rapport au soleil. Je pense qu’elle permet à l’école de réaliser des économies mais c’est bien aussi pour son image de marque. C’est un objet de curiosité pour les visiteurs, je l’ai constaté le jour des portes ouvertes, par exemple.

Panneaux solaires saint-lous de waremme

Quelles sont vos ambitions pour le futur ?

Nous souhaitons revoir le prototype de l’extracteur de jus pour aller plus loin, en valorisant les déchets. C’est-à-dire que nous aimerions récupérer les matières sèches et écorces des fruits pour les transformer en granules alimentaires pour les chevaux. Ce qui permettrait d’aller au bout de la démarche et de proposer une machine zéro déchet. Au niveau du bâtiment, nous réalisons une étude afin de rationaliser au maximum les dépenses énergétiques. Aujourd’hui, on ne peut plus construire, ni rénover un bâtiment sans penser à ces questions ! L’environnement est le point commun à tous les projets que nous menons.

L’environnement fait donc partie intégrante du contenu des cours ?

C’est évident. Il y a beaucoup de matières qui permettent d’aborder cette thématique. Les cours de sciences mettent en avant l’environnement. Un cours de physique qui aborde l’électricité ne peut plus faire l’impasse sur l’énergie verte, éolienne ou photovoltaïque.

Pour finir : quelle est votre meilleure astuce durable ?

Personnellement, je suis très sensible à la réduction des déchets. En faisant mes courses dans des magasins qui proposent du vrac avec mes propres emballages, par exemple. J’essaie de limiter les produits jetables, véritable plaie pour l’environnement. D’un point de vue énergétique, je fais attention, comme tous les parents, à rappeler à mes enfants d’éteindre les lumières… On évite de multiplier les déplacements en voiture et on prend son vélo le plus souvent possible ! Ce ne sont que des petits gestes, mais qui ont un impact et surtout, qui sensibilisent les plus jeunes à ces questions essentielles.



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