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Créateurs de différence #1 : BeeOdiversity

BeeOdiversity mise sur la présence d’abeilles pour restaurer la biodiversité. Mais saviez-vous que l’installation des ruches avait également des conséquences directes sur notre santé ? Il y a quelques années, Luminus a littéralement été séduit par la formidable énergie déployée par BeeOdiversity. Rencontre avec l’un de ses fondateurs, Michaël Van Cutsem.

Expliquez-nous : que fait BeeOdiversity ?

BeeOdiversity est une entreprise qui œuvre dans l’entrepreneuriat sociétal. Nous accompagnons les entreprises et les collectivités dans leur transition vers la biodiversité. Un service de consultance conseille ces acteurs sur les mesures à prendre pour intégrer la biodiversité dans leurs activités. Ensuite, nous proposons une solution innovante.

Quelles solutions proposez-vous ?

Le Beeomonitoring est un outil de suivi permettant à contrôler l’état de l’environnement grâce aux abeilles. Nous installons des ruches dans les villes ou sur des sites industriels. Les abeilles butinent en moyenne 4 milliards de plantes par an. Elles ramènent du pollen, qui capte les polluants et donne des indications sur la qualité de la biodiversité. Cela permet de dresser un bilan de l’environnement et de proposer des mesures adéquates.

Nous avons développé un second outil, que nous lançons cette année. Il s’agit de proposer des aménagements visant à améliorer le bien-être. Dans les entreprises, l’environnement est souvent perçu comme un coût. Notre ambition est d’inverser cette perception en apportant des solutions basées sur la nature pour générer de la valeur ajoutée. Pour ce faire, nous avons collaboré avec des partenaires universitaires. Il s’agit d’installations où le végétal prédomine, ce qui aide à réduire les cas de burn out et plus généralement, le stress au travail. Et même à améliorer l’efficacité des employés.

Luminus biodiversité

Quand et comment est née l’idée de BeeOdiversity ?

J’ai rencontré mon associé, Bach Kim Nguyen, en 2012. Ce scientifique a réalisé son doctorat sur la problématique de la disparition de l’abeille. Ensuite, il a eu envie d’aller plus loin et de monter un projet pour préserver l’abeille et son écosystème.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi la préservation des abeilles est importante ?

Le facteur important est la pollinisation. En installant des ruches, nous sommes en mesure d’analyser l’écosystème et de prendre les décisions nécessaires pour ramener les pollinisateurs sauvages, qui participent à la pollinisation de 30 % de notre alimentation et d’environ 80 % des espèces cultivées. Cela permet aussi de préserver des espèces sauvages qui ne sont pas cultivées mais qui contribuent à l’équilibre fragile de notre écosystème.

Comment travaillez-vous pour faire la différence pour les abeilles ?

Nous travaillons avec des abeilles domestiques. Cela nous permet d’analyser l’état de la biodiversité et de tirer des conclusions sur l’utilisation de pesticides et d’insecticides. Nos analyses et recommandations visent à améliorer l’écosystème de tous les pollinisateurs mais cela va beaucoup plus loin que cela. En réduisant l’utilisation de pesticides dans le secteur alimentaire, cela touche notre propre santé.

abeilles biodiversité

Quels sont les avantages pour les différents intervenants ?

Je vais vous donner un exemple. Il y a 4 ans, nous avons monté un projet avec la ville de Knokke-Heist. L’idée était d’améliorer l’environnement d’une façon pédagogique. Nous avons réalisé un état des lieux de l’environnement qui a mis en évidence des problèmes réels en matière de biodiversité. Nous avons conseillé à la ville des mesures concrètes à prendre et sommes parvenus à fédérer +/- 400 citoyens, les agriculteurs et même certains magasins.

En 2 ans, le nombre d’espèces  de pollinisateurs au sein de la ville avait doublé. Aujourd’hui, la ville de Knokke a gagné le prix de la ville la plus « bee friendly ». En quelques années, ils ont été capables de recréer un environnement propice à la pollinisation. Mais pas seulement. Car quand on s’attaque à la pollution ou même à la biodiversité, c’est la santé humaine qui est directement impactée aussi. Ce projet a impliqué toutes les parties prenantes, pour le bénéfice de tous, et pas seulement des abeilles. Nous sommes très fiers de ce modèle collaboratif.

Quel est le rôle d’un fournisseur d’énergie au niveau de la biodiversité ?

Le rôle du fournisseur d’énergie, c’est de se poser la question de son impact sur l’environnement, sur la biodiversité et sur la société. Il peut participer au respect de l’environnement sur ses sites de production. Il faut alors que les fournisseurs d’énergie prennent des mesures, comme Luminus.

De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?

C’est d’avoir trouvé un modèle pérenne financièrement, qui nous permet de nous développer, qui fait vivre l’entreprise, tout en ayant un impact positif sur la société et l’environnement. Notre grande fierté, c’est de dire que notre réussite est directement conditionnée par l’amélioration de l’environnement.

BeeOdiversity biodiversité

Quelles sont les ambitions de BeeOdiversity ?

Notre ambition est d’intervenir rapidement partout en Europe. Mais nous n’oublions pas l’aspect humain. Nous réfléchissons à intégrer des personnes défavorisées. Nous aimerions que nos activités aient un impact positif sur l’humain et le monde du travail. Pour avoir un changement global.

Le citoyen lambda peut-il également faire quelque chose pour protéger la biodiversité ?

Il y a des choses très simples qui peuvent être réalisées. Les personnes qui ont un jardin peuvent garder un espace sauvage pour les pollinisateurs, c’est-à-dire qu’elles peuvent laisser une partie du terrain sans la tondre. Replanter des espèces sauvages et locales permet aussi de préserver la biodiversité. Et évidemment, limiter l’utilisation des pesticides dans son potager.

Quelle est votre meilleure astuce durable ?

Il y a tellement de choses ! De la mobilité à l’énergie, en passant par l’environnement ! Je pense qu’il y a un énorme effort à faire en matière de réduction d’énergie dans les bâtiments. Il y a beaucoup de mesures qui peuvent être prises pour réduire substantiellement sa consommation énergétique. Ensuite, et c’est peut-être plus important encore, il y a l’éducation. On se rend compte que les jeunes générations ont une meilleure connaissance sur les problématiques de la biodiversité. Je pense qu’il faut être encore plus actif sur l’éducation des jeunes et la sensibilisation du grand public.

Collage BeeOdiversity Luminus



Vers www.luminus.be