Créateurs de différence #29 : IWAS

« Les vieilleries des uns font les trésors des autres. » Ce slogan résume parfaitement l’engagement de la plateforme IWAS visant à rendre la planète plus accueillante et viable. Partout dans le monde, des artisans locaux transforment des bouteilles en verre, des pneus usagés, des panneaux publicitaires obsolètes, des emballages jetables et de vieux sacs de café en élégants objets du quotidien (photophores, verres, sacs à dos, trousses de toilette, etc.). Une démarche dans laquelle Luminus se reconnaît totalement. Découvrons les explications de Dries Moens, co-fondateur de la start-up IWAS.

Décrivez-nous IWAS. Comment l’aventure a-t-elle commencé ? 

Dries : « Il y a un peu plus de deux ans, lors d’un voyage familial à Goa, en Inde, j’ai été approché par deux entrepreneurs enthousiastes et créatifs. Ils étaient désemparés car leur entreprise, Meso Design, se trouvait au bord du dépôt de bilan. Leur activité consistait à fabriquer de magnifiques verres à partir de bouteilles de bière et de vin récoltées dans les bars, les cafés et les restaurants des alentours. Ils tentaient de revendre ces verres aux mêmes établissements, sous l’appellation « Bôtl ». Cependant, les prix trop élevés (trois mille roupies, soit une quarantaine d’euros pour six verres) et une production insuffisante ont eu raison de cet ambitieux projet. Avec deux amis résidant à Goa, nous avons décidé de sauver « Bôtl ». Ainsi naquit « IWAS », une plateforme qui sert de passerelle entre la créativité des pays en développement et les revendeurs européens.  

Comment agissons-nous concrètement ? D’une part, nous soutenons les producteurs indiens et indonésiens sur le plan technique, logistique et financier, afin de leur permettre de produire en quantité suffisante. Ensuite, nous recherchons des distributeurs européens susceptibles d’écouler la production. Dès que le producteur atteint un volume suffisant pour être viable économiquement, le rôle d’IWAS se limite à faire tourner la machine, sans injection de fonds. »

Vous créez des objets élégants et upcyclés à partir de matériaux dont d’autres souhaitent se débarrasser. De quels matériaux s’agit-il ?

Dries : « En tout état de cause, il s’agit de déchets. Chez nous, les bouteilles vides sont soit déposées dans une bulle à verre, soit collectées par les services communaux. Il n’en va pas de même dans les pays en développement, tels que l’Inde, où les bouteilles sont abandonnées dans la nature. En Indonésie, nous recyclons des vieux sacs de café, des emballages en plastique jetables, ainsi que des panneaux publicitaires qui bordent les autoroutes. »

Luminus IWAS verschilmakers

Quels objets du quotidien créez-vous à partir de ces déchets ?

Dries : « Les bouteilles de vin et de bière sont transformées en élégants verres à boire, ainsi qu’en photophores. Les sacs de café se métamorphosent en trousses de toilette branchées, tandis que les pneus usagés sont recyclés en portemonnaies et en sacs à dos. Ce qui compte pour le consommateur, ce sont la qualité et le look, pas le fait que le produit provient de chez Ikea ou de déchets récoltés en Inde (rires). Ce qui nous importe par-dessus tout, c’est que les clients ne regrettent pas leur achat. »

IWAS Verschilmakers Luminus

« Grâce à IWAS, nous avons réduit de 45 tonnes la montagne de déchets, fourni du travail à 46 familles locales et scolarisé 102 enfants. » –Dries Moens, co-fondateur d’IWAS.

Dans le processus de production, utilisez-vous des sources d’énergie durables (par exemple, des panneaux solaires) ?

Dries : « À vrai dire, nos partenaires dans les pays en développement n’ont que faire de panneaux solaires ou autres pompes à chaleur. Ils sont, par nature, très économes en énergie. En Occident, pour recycler le verre, on le fait fondre à haute température. En Inde, tout repose sur le travail manuel et artisanal, ce qui est impensable en Europe. Le principal intérêt est de pouvoir créer localement une économie durable. En Inde, trente-cinq personnes travaillent aujourd’hui dans la production verrière. Cela signifie la garantie d’un meilleur futur pour autant de familles. Car, même si les salaires sont inférieurs à ceux pratiqués en Europe, ils gagnent dix à quinze pour cent de plus que la moyenne nationale. »

Avez-vous une idée de la quantité de déchets économisée à ce jour ?

Dries : « C’est difficile à établir avec précision. Selon nos estimations, nous avons déjà réduit la montagne de déchets de 45 tonnes. Qui plus est, 46 familles locales ont trouvé du travail et 102 enfants ont été scolarisés (principalement en Indonésie). N’est-ce pas fantastique ? Et l’impact est immédiat : en vue d’une action de fin d’année, l’un de nos partenaires commerciaux a récemment commandé 32 000 bouteilles de bière destinées à être transformées en photophores ou en quelque 6 tonnes de verre ! »

IWAS

Où peut-on acheter vos créations ? 

Dries : « En priorité sur notre boutique en ligne . Notre site internet propose également une liste de revendeurs et de points de vente commercialisant nos créations. Nous privilégions également les partenariats. Notre partenaire Luminus offre à ses clients la possibilité d’acheter nos produits moyennant une réduction . Notre objectif est de diffuser le message d’IWAS le plus largement possible et de mettre en exergue la créativité des personnes avec qui nous collaborons dans les pays en développement : elles sont capables de transformer de simples déchets en objets particulièrement attrayants et utiles. »

Quelle est, aujourd’hui, l’importance d’acheter local ? Car il s’agit bien là de votre principal moteur ? 

Dries : « Soutenir les commerçants locaux est primordial. Mais ne soyons pas naïfs : nos produits ne sont pas fabriqués ici. Cependant, nous permettons au commerçant local de réaliser une marge correcte et de faire un bénéfice. C’est ce qui fait qu’ils soutiennent et diffusent le message d’IWAS. En l’occurrence, acheter local nous paraît extrêmement important. »

Vu que vous ne les conservez pas, qu’advient-il des bénéfices ? 

Dries : « Effectivement. Les bénéfices servent à aider les communautés locales. En Indonésie, les déchets sont récoltés par les autochtones qui nous les vendent moyennant une rétribution raisonnable. L’argent récolté doit obligatoirement être utilisé pour scolariser leurs enfants, afin de leur garantir un avenir serein dès le plus jeune âge. Nous nous chargeons des repas scolaires, des livres et des uniformes. En Inde, l’usine investit dans des initiatives locales, telles que le nettoyage des plages. »

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Quel rêve suprême espérez-vous réaliser grâce à IWAS ? 

Dries : « Cela peut sembler chimérique, mais nous espérons que notre plateforme ait un jour un impact à l’échelle mondiale. L’Afrique et l’Amérique du Sud regorgent d’hommes et de femmes capables de réaliser des prouesses à partir de déchets et qui pourraient utiliser notre aide à bon escient. Mais, comme je l’ai dit précédemment, cela participe d’un rêve lointain. »

Pour conclure en beauté : quel est votre conseil ultime en matière de durabilité et d’économie d’énergie ? 

Dries : « Le meilleur conseil que je puisse donner est : réduisez vos déchets au minimum. Utilisez vos vieux pneus comme piètement pour une table de jardin ou transformez vos bouteilles de bière en porte-bougies. Triez le reste de vos déchets du mieux possible, afin qu’ils puissent être recyclés et ne soient pas éparpillés en pleine nature. »

Êtes-vous ou connaissez-vous un vrai créateur de différence?

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